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Hier (ndDieu : j'ai écrit la version papier de cet article Vendredi 12 Septembre, à midi, en sirotant une Pelforth Brune), comme tant d'autres jours ouvrés, je déambulais péniblement entre la machine à café, Facebook, et un certain forum, quand tout d'un coup, j'entendis appeler mon nom dans le couloir. La petite croix rouge pour fermer les pages du navigateur web, et je filai sans plus attendre à l'encontre de l'initiateur de ce brouhaha. Evidemment, c'était mon chef.
"Allez, ramène-toi, on va discuter de ton avenir avec le Directeur."
Je rétorquai d'un ton acerbe : "seul Dieu connait mon avenir !". Il ne saisit ni l'avant-gardisme, ni l'expérimentalisme, ni le minimalisme de cette remarque : "Ouais, bon, à plus tard, les pamphlets déiphiles". Nous descendîmes rapidement les 26 marches d'escalier, parfois même en en sautant plusieurs à la fois (de marches, hein. Faut suivre), et nous entrâmes sans coup férir dans le bureau du boss.
L'homme en costume cravate était assis dans un fauteuil en cuir, qui devait bien valloir dans les 300 ¤. "Bonjour, Boss", lui lançai-je. Il me fixa quelques secondes et me rétorqua : "bien sûr que je bosse, pas comme d'autres !". L'humour de cet homme promettait, à coup sûr, on allait bien s'entendre. Il reprit : "bon, c'est quand que vous foutez le camp ? Faudra penser à la bouteille de Champagne, avant de partir". "Le 28 Octobre, répondis-je. Mais j'aimerais rester ici, en fait". De son ton méprisant, il rétorqua que l'envie n'était pas nécessairement réciproque. Voyant mon air niais et mon désintéressement de la situation, suite à l'irruption d'une grosse mouche dans le bureau, il poursuivit : "vous préférez la gestion ou la paie ?". Qu'est-ce que j'en sais, moi ? Au pif, on va répondre la paie, on pourra toujours dire que c'était pour rigoler si c'était pas la bonne réponse. Et puis y avait toujours cette mouche à la con qui essayait à présent de sortir du bureau, et qui se tapait la tête contre le double-vitrage.
"Hmmm... la paie ?"
Son regard s'éclaira, parce que le soleil avait tourné à ce moment là. La mouche ne voyait plus rien, et taper frénétiquement sa tête contre la vitre, avant de retomber lassivement sur la poignée du fenêtre. "Niveau gestion, nous n'avons pas de poste à vous proposer. En paie, c'est jouable". Il m'expliqua les tenants et les aboutissants de sa proposition, et ajouta : "faites votre choix en votre âme et conscience, hein. Pas que vous veniez me casser la gueule après, parce que je vous aurais influencé, et tout et tout". Il s'arrêta un instant. "Encore que si tous ceux qui voulaient me casser la gueule l'avaient fait, j'aurais la tronche tout en travers". Il fit même le geste avec ses mains. "Vous avez la tronche en travers, boss", remarquai-je astucieusement. "C'est vrai", reconnut-il. "Mais inutile de jouer au cynique !". Je me levai d'un bond, mais il anticipa ma réaction en levant sa main, s'opposant mon intervention éclairée. "Cynique avec c-y- ! Pas le rappeur !". Je me rassis, déçu d'avoir si clairement été analysé. A moitié K.O., la mouche semblait me narguer, avec ces petites pattes, façon index pointé vers moi, et "ahah !" significatif.
"Non, levez-vous", répliqua-t'il. Sortez de mon bureau, et retournez bosser. Réfléchissez à tout ceci, nous en rediscuterons ultérieurement". J'ai dit bon, et je m'enfuis. Je sortis du bureau, bus deux cafés et finit ma journée sur Facebook et le certain forum.
PS : je n'ai, à ce jour, aucune nouvelle de la mouche. Je déclenche donc une alerte enlèvement. Si qui que ce soit a vu récemment dans les alpes une mouche, de couleur noire, mesurant entre 4 et 6 milimètres d'envergure, et autant de long, merci d'avertir les autorités compétentes.