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Un cadeau, ça se refuse pas

Un cadeau, ça se refuse pas
J'en vois déjà certain(e)s se frotter les mains comme une mouche verte devant un Big Mac, à la simple évocation du mot cadeau. Rassurez-vous, je ne suis pas, du jour au lendemain, devenu généreux ; et attendez donc avant de me sauter au cou (non, toi, tu peux me sauter au cou, t'es jolie). Le cadeau ? C'est un report de ma vie de merde, au cours de la semaine qui vient de s'écouler, s'écouler tel du pus, lorsque l'on presse fort sur un panaris (tu vois que j'aime la poésie, là ?).

Bref, procédons méthodiquement.

Comme toutes les semaines où je suis en formation, mes horaires de veille sont dictées unilatéralement par une entité obscure : la SNCF. De l'habitation dans lequel ma soeur m'héberge généreusement à Annecy, ville de mes "études", il y a plus ou moins 40 minutes de train. Attendu que le seul train me permettant d'arriver avant 7h20 à Annecy passe à 6h17 (oui, la SNCF est plus précise sur les papiers avec les horaires, que concrètement sur le quai de la gare). Attendu que le domicile de ma chère soeur est situé à, disons 15 minutes à pied, de la dite gare. Par ces motifs, je suis presque obligé de faire fonctionner mon réveil (et ma douce sonnerie, "Embrace The World" de Gojira) à 5h00 du matin.

Lundi 7 Juillet
La journée commence bien, je ne me réveille pas. Lorsque j'ouvre un oeil, il est près de 5h45. Le temps de réagir, de me passer la tête sous la flotte, laver les dents et passer une noisette de Pento dans ma chevelure. Pas le temps de me raser. Je pars sans déjeuner, comme d'habitude. Je chope le train au vol. Pour me venger, je vais dans une boutique de musique et achète 9 CD.
Le reste de la journée se passe plutôt bien (partiel dominé sans difficulté majeure). Ah, si, le soir, en sortant mon lecteur mp3 dépassé de marque Neo, j'ai la mauvaise surprise de voir que la prise jack des écouteurs s'est littéralement fendue dans la prise. Bilan : écouteurs morts, et mp3 inutilisable en raison des débrits de la prise. Cool.

Mardi 8 Juillet
Déjà, pas le temps de me raser. Deplus, sachant que ce jour malsain serait le commencement de la 3è décennie pour un certain foutriquet, j'aurais du rester couché. Je n'ai malheureusement pas eu cette présence d'esprit. Le train ayant eu quelques minutes de retard, je me trouve contraint, une fois arrivé à Annecy, de prendre un bus autre que celui que je prends habituellement. Vous devinez la suite, il n'est pas venu. Obligé de mendier le premier bus Sibra (la société qui s'occupe des bus Annéciens), pour demander ce que branle ce diable de conducteur. Je demande ça au mec, poliment et tout. Il me dit : "moi je vais pas au campus, si vous savez lire, c'est marqué sur le bus". Ni une, ni deux, il commence à me gonfler menu. Je lui fais "Dites, c'est quand même pas ma faute si votre copain est pas foutu de tenir ses horaires". Ce à quoi il me répond : "Je vais téléphoner au Vatican, ils pourront vous aider".
Je perdis l'espace d'un instant la maîtrise de mes sens, le monde se disloqua alors autour de moi, ne laissant au milieu d'un tourbillon de valeurs binaires que mon admirable personne et ce connard de conducteur. Je ne ferai pas ici état de la répartie cnglante qui m'est arrivée tout naturellement à l'esprit, et qui m'a instantanément permis de retrouver mon calme. Bref, le prochaîn bus arrivait 10 minutes plus tard. Pour passer le temps et les nerfs, je filai au premier bureau de tabac aperçu pour acheter une mobicarte 25¤ (+5¤ offerts). Je gratte le code, et le saisis sur mon vieux Sagem tout décoloré. Erreur ! "Ce code a déjà été utilisé. Contactez l'assistance Orange". Bordel. Encore une journée sur les nerfs, avec en bonus track, l'examen du TOEIC (Test of English et après je sais plus) le soir entre 18h et 19h30. Examen pépère (en attente des résultats), pizza et dodo chez une nana de ma classe qui m'a gentiment hébergé.

Mercredi 9 Juillet
Pas besoin de longs discours, en ce jour si fameux. Entre le 9 Juillet 1988 et le 9 Juillet 2008, il n'y a que 20 ans, que je viens allègrement (et élégament) de traverser. Pas eu le temps de me raser.

Jeudi 10 Juillet
Pour la deuxième fois de la semaine, je n'entends pas le réveil sonner. Départ précipité, pas le temps de me raser. Au programme 4 heures de droit et 4 heures de "relations humaines". Au départ, je pensais que ça consisterait à faire de la sexualité, alors qu'en fait non. C'est des relations, mais pas des physiques. J'ai d'ailleurs eu la confirmation que j'étais un génie incompris, récoltant un modeste score de 139 à un test de QI. Et que par rapport à ça, je ne me sociabilisais pas des masses avec les autres, et que j'avais même plutôt tendance à les mépriser, tellement ils sont cons. Mouais, ça me ressemble pas, tout ça...
J'ai, avec une fille de ma classe, une proposition de la part du directeur de l'IUT himself, pour intégrer une nouvelle licence par alternance, qui se crée en Septembre, intitulée "Commercialisation de produits culturels, art et cinéma". Elle consistera à bosser pour des agences de pub, et à faire la relation entre elles, et des boîtes de production ou maisons d'éditeurs, etc. J'suis assez emballé, mais mon actuel contrat finissant le 28 Octobre, envisager une formation débutant fin Septembre relève de l'absurde. Dommage, mais je suis d'ores et déjà inscrit sur liste d'attente pour l'an prochaîn. Sinon, je téléphone à Orange. La nana me fait faire moult manipulations sur la téléphone, rien n'y fait. Elle croit presque que c'est moi qui ai magouillé la carte. Elle me demande si j'ai bien tout gratté la surface grattable. Je lui répond que oui, et que je suis pas complètement con non plus. Pour me consoler, je retourne à la boutique de musique, et réachète 6 CD.

Vendredi 11 Juillet
Je me lève à l'heure pour une fois. Je vais pour me raser, puis je me rends compte que j'ai perdu mon rasoir. Comme quoi. Au programme de la journée, un ultime partiel le matin, et un bon restau à midi. Spaghetti à la Carbonara, y a que ça de vrai.
Après manger, je sors de ma poche ma mobicarte orange et la regarde de plus près. Me rappelant les mots de la préposée Orange, je regarde attentivement les chiffres révélés par le grattage du kaolin. Et là, je me rends compte qu'en grattant furieusement la carte, j'ai effacé la partie centrale d'un "6", laissant à première vue transparaître un "0". 25 minutes facturées pour une erreur de ma propre personne, c'est quand même le pied. J'ai eu bobo à mon égo pendant facile 40 secondes après ça.

# Posté le mardi 15 juillet 2008 14:53

Modifié le dimanche 03 août 2008 12:58

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